Producteurs

Michel Chapoutier: il ne faut pas gommer le millésime

Michel ChapoutierIl est partout ces jours-ci. Michel Chapoutier est à Londres, puis à New York, puis à Toronto, le lendemain à Montréal.

Il parle des vins du Rhône, d'Alsace, d'Australie, du Roussillon et même d'Angleterre.

«L'agriculteur doit être un combattant», nous dit-il lors de son passage à Montréal. «Vous ne pouvez pas raisonner la nature, elle vous écrasera.»

Le plus grand producteur de vin bio de France, nous dit que «faire des vins chers, c'est facile. Le plus dur c'est de faire des vins à 5 euros. On a plus de mal à trouver des vins de bonne qualité à bon prix.»

La grande cuisine a quitté les grands restaurants pour aller dans les bistrots. Des grands chefs quittent les grands restaurants pour se rapprocher du monde, des jeunes et faire de la belle cuisine dans les bistrots. C'est ce qu'il appelle la bistronomie. Le côté raisonnable de la cuisine. «C'est ce que nous devons faire dans le vin.» Faire de très bons vins, de grands vins à prix raisonnable. «On revient sur des vins faits pour être bus et non seulement vus.»

Le terroir, ce grand mot, c'est aussi la nature. Le terroir, c'est le sol, l'humain, mais aussi le climat. Il ne fait pas corriger et uniformiser les millésimes par le travail sur les cuves en cave. Si le climat est moins généreux une année et bien le vin sera différent et c'est ainsi. Il faut laisser faire. «On ne doit pas trop corriger, gommer le millésime. Le millésime est la photo du terroir cette année-là.»

Il y a cependant des techniques qu'on peut utiliser pour limiter les aléas de la nature, comme accroître la densité de la plantation. Une vigne en protège une autre. De plus, les racines vont ainsi aller rejoindre la roche-mère. «Les grands vins viennent des grands sols.»

Le sans soufre? «Je n'y crois pas. Le soufre est utile. Il permet de tuer des levures toxiques.»

«Le riesling pétrolé ce n'est pas normal dans les vins jeunes.»

Michel Chapoutier en nous présentant ses vins, entre autres son Condrieu Invitare 2009, nous dit qu'il s'intéresse plus à la longueur en bouche qu'aux arômes du vin. Ce 2009, remplacera bientôt le 2007 actuellement sur les tablettes. Un Condrieu délicieux. J'en parlerai lorsqu'il arrivera sur notre marché.

Michel Chapoutier est aussi le plus gros producteur sur l'appellation Hermitage. Son Monier de la Sizeranne 2007 a des arômes de suie, de cheminée froide, de graphite. Un vin qui a du tonus. Le Méal 2007 a encore plus ce bouquet de suie, c'est costaud et superbe.

Michel Chapoutier c'est 5 millions de bouteilles; 130 salariés; 260 hectares de vignes en France, en Australie et au Portugal. La moitié de sa production est exportée. Ses principaux marchés hors France sont l'Angleterre (20 % des exportations), le Japon et les États-Unis 8 % et le Canada 4 %.

Il y a 21 de ses vins à la SAQ, plusieurs étiquetés agrobiologiques. Une gamme de prix très étendue: de 14 à 261 $.
  Des vins de Chapoutier...

Les champagnes André et Jacques Beaufort

Une très belle découverte au salon Millésimes bio, les champagnes du domaine André et Jacques Beaufort.

Je ne suis pas un inconditionnel des pétillants. Plusieurs me semblent d'ailleurs trop pétillants. Leurs bulles sont souvent très agressives, l'acidité exacerbée et de trop nombreux champagnes goûtent la même chose, soit la pâtisserie, la brioche. Cette saveur serait due à une levure largement utilisée dans la région. Plusieurs aussi semblent goûter la liqueur d'expédition.

C'est avec ces appréhensions que j'ai abordé Jacques Beaufort au salon Millésime Bio fin janvier à Montpellier.

Il était derrière une petite table avec deux cuves de glace remplie de bouteilles. Le premier verre qu'il nous présente contient bien peu de bulles. C'est tout en finesse, élégant et léger. Bon, voilà nous avons goûté. Merci beaucoup. «Non, ce n'est pas tout, Je fais deux champagnes: le Polisy et l'Ambonnay.» Bon, goûtons l'autre. Encore meilleur, plus de bulles, mais toujours discrettes. Elles soutiennent le fruit au lieu de l'écraser. Puis a suivi un grand nombre d'autres bouteilles de champagne brut des deux domaines Polisy et du grand cru Ambonnay. Je lui dis merci et lui tends la main pour lui dire bonjour. Il me dit «vous ne voulez pas en goûter d'autres!?» Il y en a d'autres! Généreux, il nous fait alors goûter plusieurs millésimes de ses demi-secs des deux vignobles. Plus riches et plus costaud à cause du sucre. Tous très bons, je suis ébloui.

Du champagne bio, ce n'est pas très courant dans cette région bien chimique. Il n'y a pas si longtemps, on y étendait les déchets de Paris en guise d'engrais jusqu'à ce qu'on se rende compte que c'était toxique!

Jacques Beaufort est bio par nécessité. «À la suite d'allergies, en 1969, causées par l'emploi de produits chimiques de synthèse, nous avons dû rechercher d'autres traitements pour nos vignes en préservant notre santé. C'est pourquoi, depuis 1971, nous cultivons nos vignes en protégeant l'environnement dont nous faisons partie.»

«C'est pourquoi, depuis 1974, nous expérimentons les huiles essentielles qui limitent l'évolution des champignons parasites, et depuis 1980, nous explorons le domaine de l'homéopathie. Mais il faut bien avouer que dans certaines années difficiles au plan climatique, la nature se montre maître chez elle.»

M. Beaufort suggère de ne pas boire ses champagnes froids, «ne les frappez pas, "cela casse" la mousse et cache les bons bouquets de nos vins.» Il recommande plutôt de les servir comme les grands vins blancs à 10-12 degrés.

Les champagnes Ambonnay et Polisy du Domaine A&J Beaufort sont distribués en importation privée au Québec par l'agence Raisonnance.

Site du domaine champagnebeaufort.com

Une Québécoise vigneronne en Toscane

Nous étions quelques chroniqueurs vin belges, français, britanniques et québécois se dirigeant vers une grande table pour le repas du midi. Une pause, lors d'une dégustation de vins au Selezionne dei vini di Toscane, certains très bons, d'une belle acidité, d'autres attendris, adoucis par l'ajout de merlot au pur sangiovese.

Je causais avec un agent du Québec qui sort d'une immense salle où une centaine de vignerons, assis chacun à un petit bureau, attend les acheteurs. (Vidéo) L'image me rappelle des films noir et blanc où des centaines de bureaucrates gribouillent, ou bien des couturières à l'oeuvre, ou des rouleurs de cigare de La Havane, ou tout simplement le film «Laura» d'Otto Preminger.

L'agent est chargé de dénicher un bon vin pour la maison Benedictus. Une dame passe, tout en sourire s'exclame «Ah! l'accent québécois!» Québécoise, elle-même, nous engageons la conversation. La tribut se regroupe. Que faisait-elle là? Une agente? Non, une productrice, une vigneronne, une oenologue.

Je savais que des descendants et descendantes de Normands, Picards, Britanniques, Abénaquis et autres Micmacs se répandent dans le monde. Mais une Québécoise vigneronne en Toscane, je n'en connaissais pas!

Paula CookElle se nomme Paula Cook, de Saint-Bruno de Montarville, au sud de Montréal. Je l'invite à notre table franco-anglo-belge... Il y a déjà du vin sur notre table. Du vin d'une grande maison — Je n'ais pas écrit du grand vin d'une grande maison — mais tout simplement du vin d'une grande maison. Je l'invite donc à aller chercher de son vin. Après une certaine gène, elle se risque et rapporte presque en cachette deux bouteilles.

Le Miccine Chianti classico et Le Miccine Chianti classico reserva. Et c'est bon, très bon même, surtout le Reserva.

Qu'elle est son parcours?
Ces grands-parents paternels, les Papini, étaient de Toscane. «Je suis venu en Italie pour la première fois en 2000. J'y ai trouvé ma place et mes racines. La culture, la cuisine, les gens chaleureux, la langue musicale, les paysages magnifiques sont restés dans mon cœur.» Les gens de l'endroit l'ont tout de suite adoptée, me dit-elle. Elle s'est sentie chez elle. «J'ai commencé à apprendre l'italien.»

«Je suis resté au Québec pour finir mon baccalauréat en agriculture à l'université McGill à Sainte-Anne-de-Bellevue (2003-2006) et tous les ans durant l'été je retournais en Toscane pour suivre des cours d'italien à Florence.

En 2006, sur un bulletin j'ai retrouvé une description d'une maîtrise idéale pour satisfaire ma passion pour l'agriculture, les voyages et surtout les langues. C'était le Master VINTAGE (www.vintagemaster.com). Un cursus sur la viticulture, l'œnologie et le terroir qui se déroulait dans trois universités, à Angers en France; à Piacenza en Italie et à Valencia en Espagne). Je découvre alors que l'étude du vin regroupe toutes mes passions: l'agriculture, la science, les langues, les cultures et même l'art.»

Elle déménage donc en Europe en 2006 pour poursuivre ses études, puis s'installe en Italie en 2008 sur le domaine de ses grands-parents, Le Miccine, situé au sud de Radda in Chianti. Un domaine de 13 hectares, 7 de vignes; le reste en jardins, oliveraies et forêts comme c'est souvent le cas dans les domaines viticoles de Toscane.

Que fait-elle au Miccine? «Mon rôle couvre un peu de tout: gestion vigne et vin; oenologue, ventes; site web; relations publiques; agrotourisme, représentante, etc. Le soir venue, je dors très bien. C'est un travail très satisfaisant!»

En plus des deux chiantis, Le Micine produit un Rosso toscano merlot et un Bianco toscano vermentino. En tout 30 000 bouteilles. «Nous espérons monter à 42 000 en 2013.»

«Nos ventes se font principalement en Italie et aux États-Unis. En ce moment nous sommes en train de développer des contacts au Canada, en Allemagne et en Grande-Bretagne.»

Paula m'écrit il y a quelques jours qu'elle a déniché un agent pour l'Ontario Tre Amici Imports (www.treamiciwines.com) «On cherche encore un agent au Québec pour nous aider à rentrer à la SAQ.»

Pourquoi le vin de la Québécoise vigneronne de Toscane n'est pas encore à la SAQ? Personne chez nous ne l'avait encore découverte? Est-ce que nous nous fions trop aux goûts des autres pour choisir les vins à importer, aux goûts des Wine Spectator, des Parker des USA, des Gamberro Rosso et autres. Les producteurs d'origine américaine sont bien représentés sur le marché étatsunien.

Au plaisir de boire du chianti Le Miccine bientôt au Québec.
Bonne continuation à Paula Cook.

  Le site du domaine Le Miccine www.lemiccine.com

Domaine Faury

M. et Mme Faury du domaine éponyme ont fait une tournée du Québec en avril. Je les ai rencontrés en Outaouais où ils sont venus présenter quelques-uns de leurs vins.

Des vins qui ne sont pas encore disponibles à la SAQ, mais qui sont en importations privées à l'agence Benedictus.

Des vins splendides et de grandes classes, comme vous allez le voir.

Commençons par le meilleur de la série, le Côte-Rôtie 2007, Domaine Faury.

Le nez est fin et plutôt discret pour le moment. Il faut l'aérer. La bouche est riche, ample, somptueuse d'un fruité élégant. La finale est très longue sur des notes de violette. Du grand vin

Le producteur Philippe Faury dit que cet arôme de violette dans ce vin est dû au 15 % de viognier qu'il contient. En effet, en Côte-Rôtie il est de coutume d'ajouter du viognier à la syrah afin de donner plus d'élégance au vin. On a droit à 20 %, mais la plupart des producteurs en mettent 5 à 10 %.

Chez les Faury, le viognier est planté en rangée sur les mêmes parcelles que la syrah et arrive à maturité en même temps.

Le vin est parfaitement délicieux, bien équilibré et pas trop exubérant comme le sont quelquefois les côtes-rôties.

C'est une production de 8 000 à 10 000 bouteilles selon les années. Fermentation avec les levures naturelles du terroir. Élevé sous 25 % de fûts neufs.  92 $ 

La maison Faury fait deux saint-joseph. Un Saint-Joseph la Gloriette 2005 issue de vigne de 40 à 60 ans, au fruité gras, ample et massif. C'est profond, délicieux et très bon. Élevés 15 mois en demi-muids de 580 litres et en barriques (220 litres) dont 30 % neuves. À mettre en cave quelques années. 42 $ 

Puis un Saint-Joseph 2007 provenant de vignes plus jeunes de 10 à 35 ans. c'est très syrah. Un fruité bien épicé. Riche et bien plaisant à boire. 37 $ 

La maison produit aussi un vin de pays des collines rhodaniennes sur un terrain schisteux jouxtant le vignoble des Côtes-Rôties. C'est la Cuvée L'Art Zélé 2007, une pure syrah avec des arômes de café. C'est léger au fruité fin bien agréable. 37,75 $. 

Enfin, le Faury Condrieu 2007. Un vin blanc de viognier aromatique, costaud, bien marqué par l'alcool. Floral et chaleureux. Peu acide, un pH de 4. Riche en alcool. 

Le domaine Faury vend aussi des vins sous une étiquette différente aux États-Unis. Ce sont des assemblages suggérés par l'importateur Kermit Lynch.

Donc, le Domaine Faury, un vignoble de 17 hectares dont 3 en condrieu, situé à Chavannay, tout près de Condrieu. Dirigé maintenant par un des fils de la famille, Lionel, un autre fils est à Montréal, ce qui fait que les parents viennent de temps en temps au Québec. 

Ces vins peuvent être obtenus en importation privée auprès de l'agence Benedictus (450 671-5572 benlecavalier@sympatico.ca).

Pour en savoir plus sur les vins de cette région  www.cote-rotie.com et www.vins-rhone.com.

Lire aussi Un millésime exceptionnel pour le Rhône, d'une blogueuse québécoise en stage au Domaine Faury.

Les vins de Marcel Deiss

Le Salon des Vins de Montréal regorge de trouvailles surtout depuis que l’on consacre la majeure partie des vins présentés à l’importation privée.  C’est le cas ici pour le Domaine Marcel Deiss situé à Bergheim en Alsace.

Grande maison, parmi les meilleurs en Alsace, malheureusement on ne retrouve pratiquement jamais ses vins sur les tablettes de la SAQ.  À l’exception de son vin générique d’entrée de gamme qui est présentement disponible dans 88 succursales SAQ du Québec vous pouvez vous procurer deux autres vins de la maison en importation privée en vous rendant sur le site www.vinsaoc.ca

Vous y verrez le pinot blanc Bergheim 2008 à 29,35$ et le 1er cru Engelgarten 2005 à 58.00$. Trois autres produits sont également disponibles présentement chez Vintages à Ottawa, le Grasberg 2004, # 122747, à 75 $, le Burg 2004, # 122754, à 75 $ et le Langenberg 2005, # 122739 à 58.95 $.  Il y a aussi le Beblenheim Pinot Gris 2005 à 39 $ disponible par achat en ligne à la LCBO.

Généralement méconnu du grand public au Québec à cause de la faible disponibilité de ses vins, il reste néanmoins que le Domaine Marcel Deiss est un des producteurs les plus respectés au monde.

Le Domaine exploite 27 hectares de vignes réparties sur 9 communes et comporte plus de 220 parcelles de vignes.  Adepte de la biodynamie le Domaine Marcel Deiss se distingue des autres par son système de complantation (art de mélanger les cépages dans un terroir).  En effet, depuis 2005 la législation n’oblige plus la mention des cépages sur les étiquettes.

Ainsi tous les Grands Crus et éventuellement tous les 1ers Crus du Domaine ne porteront plus la mention du cépage. À titre d’exemple, le Engelgarten 2005 déguster au Salon des Vins contient du Riesling, Pinot Gris, Beurot, Pinot noir et Muscat en complantation.

Selon Jean-Michel Deiss, «la complantation du terroir rend seul possible l’expression de toutes les nuances fines du terroir, son tempérament, ses tics, sa … folie ».

Si vous aimez les vins gras, fins, racés, et de grande élégance, vous aimerez les vins du Domaine Marcel Deiss dont ceux issus des terroirs Grands Crus et 1er Crus offre un potentiel de vieillissement hors du commun.

Marcel Deiss, Alsace 200710516490, 24,70 $   
Marcel Deiss, Pinot Blanc Bergheim 2008 (importation privée) 29,35$  
Marcel Deiss, Engelgarten 2005 (importation privée) 58 $  

  Le site de Marcel Deiss www.marceldeiss.com
 

LOUIS ROCHE

«Louis Roche», vous voyez ce nom sur près de 30 vins vendus au Québec.

Ce n'est pas un producteur, c'est une marque de commerce. À l'origine le nom appartenait à une maison de cognac. En 1981, la société française d'exportation Vin Conseil SARL achète la marque dans le but de s'en servir pour exporter des vins d'appellation contrôlée de France, principalement de Bourgogne, Loire, Alsace, Côtes-du-rhône, Bordeaux et du Sud-Ouest.

Le fondateur de Vin Conseil, Jean-Pierre Brunschwig, ingénieur agronome et fils de vigneron en Provence, est très tôt convaincu que des coopératives bien gérées peuvent produire des vins de qualité. Il fonde alors en 1977 une société d'exportation et commence à sélectionner des vins dans plusieurs régions de France. Vin Conseil devient aussi agent représentant en vin au Québec en 1978 pour faire la mise en marché des vins Louis Roche.

Ils n'achètent pas de vin en vrac. Tous les vins sont mis en bouteille sur les lieux de production. «Nous ne nous occupons ni de vins d’appellation transportés en vrac ou transitant par des chais de négociants ni de vins sans appellation.»

L'entreprise fait affaire avec un certain nombre de coopératives et des producteurs indépendants, généralement les mêmes d'une année à l'autre. «Nous travaillons avec nos vignerons depuis maintenant plusieurs années, ce qui nous permet de suivre et d'avoir le contrôle sur la qualité de nos vins année après année. Nous nous obligeons à les visiter régulièrement pour discuter du goût des Québécois afin de choisir des cuves qui respectent l’appellation et le choix de nos consommateurs.»

En 2006, le fondateur prend sa retraite et c'est maintenant trois de ses employés qui prennent la relève sous la direction de Carole Marois.

Leur produit qui est le plus connu ici est probablement la Blanquette de Limoux, Collection Louis Roche, du Domaine de Fourn. C'est le mousseux français le plus vendu au Québec.

La maison a 27 vins en spécialité sur les tablettes de la SAQ en plus de 23 autres en importation privée. Ces derniers sont un peu comme des candidats aux tablettes de la SAQ. Les gens de Vin Conseil espèrent que plusieurs d'entre eux deviendront assez populaires pour être acceptés comme produits vendus directement dans les magasins de la société d'État.

Montagny 1er Cru Louis Roche 2005
Un vin blanc au nez frais et floral.
Belle texture. Des saveurs de fruits blancs, de citron et d'olives vertes.
Bien sec.
Un fruité croquant sur une belle acidité.
Une finale sur de fines saveurs d'amandes, de caramel et de beurre salé.
Succulent.
Le vin est produit par la coopérative Cave de Buxy.
Alc. 13 %. 221242  

Louis Roche Bourgogne Aligoté 2008
Un produit populaire au Québec avec 36 000 bouteilles vendues par année.
Des arômes agréables de fruits jaunes.
Un bel aligoté fruité, fin et frais. Pas complexe, d'une pièce, mais bien fait.
Une finale aux belles saveurs de noisette.
Bouchon de silicone. Alc. 12 %.
 240382 16,25 $ 

Château Crusquet de Lagarcie 2005, Collection Louis Roche
De beaux tanins enveloppants dans ce bordeaux.
Assez ample, un fruité jeune, d'une longueur agréable.
Une finale de chocolat brun. Laisse une belle sensation en bouche.
Moyennement corsé.
Cru bourgeois. Alc. 13.5 %.
Un domaine de 20 ha. Merlot à 70 % et cabernet sauvignon.
Une production de 60 000 bouteilles.
Premières Côtes de Blaye. Louis Roche.
 914051   21,10 $


Les Pouches Saumur rouge 2008, Collection Louis Roche
Des arômes bien nets de cabernet franc, un peu de terre, de betterave et de poivron sur un fruit rouge.
Les mêmes saveurs reviennent en bouche sur une texture assez tannique.
Le vin a du caractère. Assez ferme. Bien bon.
Disponible dans plus de 140 succursales.
 10689681   15,35 $ 

(Voir aussi le commentaire sur le Saumur Champigny 2008)

Donc, une belle sélection de vins de plusieurs régions de France, des vins bien caractéristiques de leur appellation, à prix raisonnables.
Voir aussi d'autres vins de Louis Roche...

Jura, contrée où terroir n'est pas un vain mot

Jean Berthet-BondetVous connaissez Jura, Arbois, Chalon, l'Étoile?

Un tout petit peu! Pourtant, il y a dans cette petite région de l'est de la France, au sud de l'Alsace, entre la Bourgogne et la Suisse, de très beaux vins distinctifs.

Du chardonnay, du savagnin, du vin jaune, du vin de paille, du Macvin; en rouge du poulsard, du trousseau et du pinot noir. Des savagnins ouillés ou pas ouillés. Toute une variété.

Des vins frais, vifs, bons en jeunesses et qui vieillissent admirablement. Il y en a peu au Québec (19 produits), mais ça va changer. Des producteurs de cette région se sont regroupés pour conquérir le marché de l'Amérique française. Ils ont lancé une campagne de trois ans pour promouvoir leurs vins chez nous.

Des vins de Masi

Vous connaissez sûrement un ou plusieurs vins de la maison Masi.

Cette maison dirigée par la famille Boscaini depuis six générations est réputée pour la production d'amarone d'appasimento et de recioto. C'est Masi qui a  popularisé la technique du ripasso.

Voici le résultat d'une dégustation de dix produits de cette institution célèbre de la Vénétie.

Mezzanella Amandorlato Recioto 2004
C'est un recioto, un vin sucré. Mais ici le sucré est tellement délicieux et tellement délicat que c'est un réel plaisir. Amandorlato veut dire amande. En effet, le vin a une belle saveur d'amande et un fruité fin et somptueux qui se prolongent longuement en bouche.

La technique : «Vers la fin septembre, les meilleures grappes de raisin (vendangées à la main) sont mises à sécher sur des claies de bambou dans des lofts prévus à cet effet pour une période de trois à quatre mois. Ils perdent ainsi 35 à 40% de leur poids et gagnent en concentration de sucre.» Puis, on arrête la fermentation par le froid afin de conserver un certain sucre résiduel. Ici 34 g/l. Mais il y a une bonne dose d'acidité (7,65 g/l avec un pH élevé de 3,24) ce qui équilibre le sucre et le rend plus léger. Le taux d'alcool est de 15,18 %.

Servez-le frais à 15 °C dans de très grands verres et laissez-le respirer de long moment afin de permettre à ce très beau vin de vous révéler ses jolis arômes.

À servir avec des gâteaux aux fruits ou des biscottis.
La première bouteille était oxydée. Il a fallu en ouvrir une deuxième.
 65,75 $   10243727  

Masi Amarone 1988
Oui! C'est ici qu'on voit que ces amarones vieillissent très bien. Celui-ci est absolument suave avec ses belles saveurs de pruneaux, de noyaux de cerise et de sucre fin. Il est d'une grande finesse. Ces saveurs persistent très longtemps en bouche et laissent une belle impression. Il est légèrement capiteux. Ce vin rendu léger et délicat avec l'âge est à prendre avec des mets aussi délicats, ou à prendre seul tel quel. Un vin de méditation comme on dit!
  97,25 $   10543295  

Campolongo di Torbe Amarone 1999
Un vin ample aux saveurs à la fois sucrées et amères. Grand rond et très long.
  88 $  

Osar 2001
Nez de biscuits fins, de vanille et de bois chauffé. Une texture légèrement sucrée avec des saveurs qui rappellent un peu le goudron. Une petite amertume en finale. Un vin original.

Son cépage est le oseleta. «L’Oseleta possède la capacité particulière d’être laissée sur la vigne même après le temps normal de récolte. Cela permet un passerillage partiel sur pied de vigne ou vendanges tardives, avec comme résultat une grande concentration, une rondeur et un haut degré d’alcool. Les raisins égrappés sont fermentés sur peaux, avec des levures sélectionnées, pendant vingt-cinq jours à 26ºC. Puis, sans les peaux pour dix jours. Suit la fermentation malolactique.» 24 mois en fûts neuf de l'Allier «High Toast»

Ce cépage avait été abandonné. Il fut récupéré par Masi et multiplié à partir de seulement quatre pieds de vigne dans les années 1980.

Carafez et servir sur les viandes grillées aux fines herbes.
  59,50 $   580233  

Brolo di Campofiorin 2005
Un nez fin et plutôt discret. Le vin est bien tannique, d'ailleurs c'est le plus tannique du groupe. Il faut dire que les autres vins de Masi sont peu tanniques, alors lorsqu'on arrive à celui-ci on est bien surpris. Les tanins sont fermes et secs. Il y a un bel amer en finale.

«Un vin de type Valpolicella Classico subit une deuxième fermentation à la fin novembre avec l’ajout de 40 % de raisins partiellement séchés (appassimento).»
Cépages corvina à 80 % et rondinella.  Brolo veut dire clos.

C'est costaud. À servir à 18 °C avec des viandes saignantes ou des plats en sauce bien relevée. À mettre en cave.
  26,35 $  583369  

Toar 2005
Discret, presque fermé, le vin s'ouvre lentement. C'est un vin costaud, d'une belle rugosité, un peu austère et rustique. Ferme et bien fait.
Un assemblage de corvina (75 %) et d'oselata.
Pour accompagner les viandes rouges et les gigots.
Toar fait référence au sol volcanique de la région.
 23,15 $  10749736  

Campofiorin 2006
C'est le ripasso bien connu de la maison Masi. «Cette spécialité Masi, résultat d’une double fermentation d’un vin issu de raisins frais corvina de la région véronaise et d’un pourcentage de raisins semi-séchés du même cépage.» Autrefois (1964 et suivantes), on repassait sur des lits de marc d'amarone, mais ça donnait des vins souvent trop rudes.

Le vin a des arômes de cuir qui s'estompent à l'aération. La bouche est belle, grasse, équilibrée. Une belle finale sur le fruit acidulé.

Compagnon des pâtes à sauces riches, des côtes levées, champignons.
  19,75 $  155051 

Passo Doble 2007
Une odeur intense de fruits brûlés. Je n'ai pas aimé ce vin qui dégage une senteur qu'on retrouve plus souvent dans des vins chiliens. Oh horreur, si cela s'étend à l'Argentine!
Le 2004 était pourtant bien bon.
  16,65 $

Colbaraca soave 2008
Voici un vin blanc qui a du caractère. Trop au goût de certain, mais moi il me plaît vraiment. Il a des arômes de litchi, de fleurs, de pomme, de pamplemousse et de raisins verts. Un bouquet complexe qui change à chaque approche. Un bouquet d'ailleurs qui nous annonce un vin bien vivace. En effet, en bouche, c'est presque mordant, l'acidité est nette et vive sur une bonne dose de fruits. Ce n'est pas vraiment un vin d'apéritif. Il appelle le plat et vite!
Un assemblage de garganega (95 %) avec un peu de garganega rosa et de durello.
Servir à 9-10 °C avec les fruits de mer, hors d'oeuvre et risottos.
Sucre  5,8 g/l, acidité 5,75, pH 3,3.
   17,90 $  10706681 

Masianco 2008
Un vin blanc doré aux arômes de noix (bois). C'est gras, rond, simple et bien facile à boire. Moyennement long sur des saveurs d'amandes. Un après-goût de noix. Un vin qui plaît. Un assemblage de pinot gris (75 %) et de verduzzo. Sucre (4,5) et acide (5,9 - pH 3,2) bien en équilibre.

C'est un blanc appassimento. Les grappes de verduzzo sont mises à sécher pendant trois semaines.
Servir froid à 9 °C avec des plats sauces blanches, volailles et poissons grillés.
  16,95 $   10439404 

 

Il est toujours intéressant de goûter une large sélection des vins d'un seul producteur. On y trouve souvent des constantes. Ici le jeu, le combat même des saveurs sucrées, acides et amer des rouges est bien intéressant. En blanc, on voit un bel équilibre au niveau des acides.

La magie de Masi fonctionne toujours!

Le site de Masi www.masi.it

La maison Trimbach : l'Alsace classique

Lors d'une dégustation récente, organisée par la Société Vincor Québec, M. Hubert Trimbach a présenté neuf de ses vins.

L'objectif de la maison est de produire des vins d'un style qualifié de «classique», c'est-à-dire bien secs, avec une bonne acidité, sans fermentation malolactique (pour plus de fraîcheur et de vivacité), sans élevage en fûts et sans assemblage de cépages; tout cela afin de maximiser l'expression du caractère inhérent de chaque cépage alsacien et de proposer des vins racés, faits pour la table.

Alors, ne cherchez pas chez ce producteur ces vins d'Alsace au sucre résiduel marqué (sauf en Vendange tardive et en Sélection de grains nobles, évidemment) ni au caractère boisé ou au taux d'alcool élevé.

Aussi, Trimpach continue d'être une des rares maisons à refuser d'utiliser l'appellation Alsace Grand Cru crée en 1983 (dans l'intention de promouvoir les meilleurs terroirs de la région). Appellation récupérée en bonne partie — près de la moitié selon M. Trimbach — par les caves coopératives et utilisée même sur les étiquettes de vins bon marché vendus en grande surface. Rien pour aider les grands vins d'Alsace à se démarquer.

La maison préfère donc ignorer cette A.O.C. dite Grand Cru et s'attacher à cultiver sa propre image de marque, celle du nom Trimbach, lié au vin alsacien depuis le XVIIe siécle.

La maison produit, sauf dans les années exceptionnelles comme 2007, environ 1,2 million de bouteilles par année, dont 85 % vont à l'exportation. Elle s'enorgueillit d'être présente sur toutes les cartes des restaurants 3 étoiles de France.

Les neuf vins dégustés étaient les suivants (les millésimes affichés sur SAQ.com peuvent varier; à vérifier en magasin) :

1- Pinot blanc 2006, Code 89292, 17,35 $ (produit régulier)
Le Pinot blanc d'Alsace est la seule appellation "de cépage" alsacienne à avoir droit à deux cépages, le pinot blanc (appelé parfois pinot d'Alsace) qui lui apporte sa fraîcheur et le pinot auxerrois (ou auxerrois) pour le fruit et le volume. Ce 2006 est composé d'auxerrois à 70 %.

C'est un vin d'un jaune doré assez clair, au nez bien ouvert, bien alsacien, fruité (pêche), floral, avec un une touche de minéralité. En bouche, il est plutôt gras (pour un pinot blanc), sec, le fruit s'exprime bien et ça ne manque pas de vivacité. Un vin de bouffe. Très bon rapport qualité-prix.  (Le site de la SAQ indique le 2007 parce que dernier est arrivé en entrepôt)

2- Riesling Réserve 2005, Code 969709, 28,05 $ (spécialité)
Un vin plutôt clair, avec des reflets verdâtres de jeunesse. Un nez très expressif et bien typé (citronnelle, floral, bien pétrolé). Une bouche d'ampleur moyenne, mais bien vive, minérale; le fruit ressort mieux en bouche. Bonne longueur. Très bon. (Le 2005 est sur les tablettes, le site SAQ indique le 2007 qui sera disponible dans quelques jours)

3- Riesling Cuvée Frédéric Émile 2001, Code 713461, 57 $ (spécialité)
D'un beau doré assez riche, ce riesling présente des signes de maturité (note grillée, très léger rancio), complexe tout en restant bien typé riesling. La bouche est plus élégante que corsée, bien sèche, avec une bonne acidité, mais équilibrée et une finale fruitée, minérale et juteuse (qui fait saliver) et une bonne persistance aromatique. Un grand riesling. (2001 et 2004 sur les tablettes)

4- Riesling Clos Ste-Hune 2002, Code 10223603, 213,25 $ (spécialité)
En Alsace, le millésime 2002 est considéré comme un «bon millésime», mais ayant produit de très beaux rieslings, bien équilibrés, avec un grand potentiel de garde. Ce riesling semble confirmer la chose. Il s'agit d'un des vins blancs les plus recherchés de la planète, provenant d'un minuscule vignoble (1,67 ha) situé sur une pente, au pied de l'église fortifiée de Hunawihr. La production annuelle moyenne n'est que de 9000 bouteilles.

Or clair chatoyant. Très aromatique, fruité, floral, note herbacée, minéralité, pétrolé plus discret, très complexe avec peu de signes de maturité. De la rondeur en bouche, avec une texture soyeuse, délicate; bien sec et d'un équilibre impeccable. Savoureux avec une fine note de miel et très persistant. Un très grand riesling.   (Probablement  à maturité).

5- Pinot gris Réserve 2005, Code 962332, 24,25 $ (spécialité)
Comme dans bien des régions vinicoles d'Europe, l'année 2005 est considérée comme un millésime exceptionnel.

Nez assez ouvert, fruité (pêche, poire), floral; certains y ont détecté une note fumée et même un peu de truffe blanche. La bouche est bien grasse et ronde et l'acidité plus modeste de ce cépage laisse une légère impression de sucré en bouche, même si le vin ne contient que 7 g/l de sucre résiduel (pour comparaison, la Cuvée Frédéric Émile est à 5 g/l). La finale est quand même bien fraîche, avec un peu de chaleur. Très bon vin. 

Ce pinot gris, dégusté immédiatement après le magnifique Clos Ste-Hune, a certainement souffert de la comparaison.

6- Gewurztraminer 2006, Code 317917, 23,90 $ (spécialité)
Doré foncé pour un vin si jeune (à cause du millésime plus difficile ?). Nez puissant, fruité (litchi, mangue), bien typé et assez fin, délicat. Charpente moyenne, belle acidité, pas gros, mais très bel équilibre. Finale fruitée, bien sèche et bonne longueur. Un autre très bon rapport qualité-prix. (Commenté aussi en février)

7- Gewurztraminer Cuvée des Seigneurs de Ribeaupierre 2001, Code 715615, 44,25 $ (spécialité)
Or pâle. Nez exubérant, bien typé (litchi, floral, épicé), peu évolué pour un 2001, mais belle complexité. En bouche, c'est gras, un peu moins vif que le 2006, mais sans lourdeur et bien fruité. La finale légèrement grillée montre un peu son âge. De la richesse, mais beaucoup d'élégance. 

8- Gewurztraminer Vendange tardive 2003, Code 10926894, 68 $ (spécialité)
Rappelons-nous que l'été 2003 a été celui de la canicule (des jours à 42 ou 43 degrés C en Alsace) et que, dans beaucoup de vignobles, le mûrissement des raisins a été extraordinairement précoce, avec une acidité plus faible qu'à l'habitude. La sécheresse n'ayant pas favorisé l'apparition de pourriture noble, il n'y a donc pratiquement pas eu de Sélection de grains nobles (SGN) et les Vendanges tardives (VT)ne présentent pas d'arôme de botrytis.

Celui-ci, d'un jaune doré, a tout de même un nez très puissant, fruité (abricot), avec du miel, de l'alcool et une légère note médicamentée (menthol ?). Bien gras en bouche, sans amertume, pas trop sucré, soyeux, avec une acidité tout juste suffisante. Léger caramel en finale et beaucoup de persistance. Délicieux.

9- Gewurztraminer Vendange tardive 1999, Code 10810277 (375 ml), 28,35 $ (spécialité)
1999, un millésime «moyen», sans les conditions extrêmes de 2003, mais où Trimpach n'a pas produit de SGN non plus. Les raisins botrytisés sont donc tous allés dans cette VT. Selon le producteur, ce vin serait dans la même catégorie que l'exceptionnel 1989 et mériterait au moins cinq autres années de cave.

La robe est d'un doré très riche, légèrement ambré. Encore une fois, un nez très puissant, bien typé, floral, fruits confits,  avec du miel et une belle note de botrytis, ce qui donne un nez d'une grande complexité. Le vin est corsé tout en restant soyeux. Sans être vif, le vin ne présente aucune lourdeur; cette fois, une bonne acidité vient assurer un équilibre irréprochable. La finale n'est pas trop sucrée, très parfumée et très longue. Encore meilleur que le précédent, à cause de l'acidité. (Millésimes 1999 et 2000 sur les tablettes)

Les images proviennent du site de la maison Trimbach www.maison-trimbach.com

D'autres vins de Trimbach...

Clos Jordanne 2005 et 2006

Une maison ontarienne qui produit du pinot noir et du chardonnay de grande qualité.

J'ai eu l'occasion de goûter à 9 vins de ce domaine lors d'une dégustation à l'Académie du vin de l'Outaouais.

Ce sont des vins des millésimes 2006 et 2005. Ils m'ont semblé moins riches que ceux du 2004 qui étaient très bien réussis.

Les vins du millésime 2006 sont vraiment plus légers et moins fruités que ceux de 2005.

Mentionnons tout de suite une déception. Le grand vin de la maison, Le Grand Clos 2006 à 61 $ dégageait une très mauvaise odeur de carton mouillée.

Le Clos 2005
Un très beau nez de fruit et de poivre. Une attaque grasse, Un pinot noir qui a de l'ampleur, presque pulpeux. De la mâche. Une belle matière. Délicieux et très long.
Levures indigènes. Sucre 2 g/l. Acidité 6,3 g/l. pH 3,53. Alc. 13,5%.  3100 bouteilles.

Le Clos 2006
D'un rouge pâle. Un nez d'épice, de noyaux, de fumé. Bien fruité. Un fruit plus sucré. Une petite note végétale. Chaleureux. Agréable.  Acidité 6,7 g/l. pH 3,48, sucre 0,2 g/l. 6500 bouteilles.   10697420   43,75 $ 

Claystone 2005
Un nez discret de fruits acidulés. Une note métallique. Une belle matière. Bien tannique, même astringent. Le plus tannique du groupe. Le plus foncé aussi. Longue finale.  Sucre 2 g/l. Acidité 6,7 g/l. pH 3,53. Alc. 14 %.  Un peu moins de 6000 bouteilles.

La Petite 2006
Un nez discret, mais invitant. Une certaine profondeur. Un fruité assez gras. D'un bel équilibre. Très agréable. De la qualité.  10697374  46  $ 

Claystone 2006
Brillant. Un nez discret de fumée et de cendre. Des saveurs de framboise. Assez gras. Une belle texture soyeuse. Très bon.  10697358  42  $  

Village 2006
Le vin le plus pâle du groupe de rouge, mais peut-être le plus beau nez : des fruits des bois sur une note légèrement fumée. En bouche le fruité est très léger. Fluide. L'alcool est bien notable. La finale est un peu chaude.  Agriculture biologique.   10745487  26,25 $  

En blanc maintenant

Village Chardonnay 2006
Un boisé très marqué qui s'estompe progressivement à l'aération. La bouche est assez grasse, une note beurrée, un fruité souple. Coulant et assez agréable.     33936  30 $ en Ontario.

Claystone Chardonnay 2005
Nez frais de petits fruits et de fines herbes. C'est invitant. Une bouche assez grasse, chaleureuse et vineuse, l'alcool est bien présent. Le bois aussi. Une finale sur les notes de beurre frais. À l'aération, il se dégage un léger arôme de laisse mouillée comme on en rencontre de temps en temps dans les vins de pinot gris. Très bon.
C'est ce vin qui a gagné le Jugement de Montréal dans la section chardonnay. C'est le 2006 (non goûté) qui est
disponible au Québec et en Ontario.  Acidité 7,2 g/l. pH 3.13. Sucre 0,9 g/l. Alc. 14 %. 3200 bouteilles. 

 Donc des vins ontariens de belle qualité. On n'y trouve pas ces saveurs de vin maison trop communes aux vins du Niagara. Un travail de professionnels. Un domaine à suivre. Les premières vignes ont été plantées en 2000. Certifié bio Écocert en 2005. Appartient à la famille Boisset.
Le site du Clos Jordanne www.leclosjordanne.com
Une vidéo avec le vinificateur Thomas Bachelder (4 min 56).

  Voir les disponibilités à la SAQ et à la LCBO.

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