
Pour se faire une petite idée des progrès de la viticulture en Languedoc, quoi de mieux que de participer à une dégustation de 900 vins des appellations de cette plus grande région de France!
Oui, 900 vins à déguster sur cinq jours lors de l'édition 2012 de Millésime en Languedoc.
Une cinquantaine de journalistes du monde ont participé à cette activité intense de dégustation donc cinq journalistes du Québec.
Il est bien sûr impossible de déguster ces 900 vins. Il faut donc faire une sélection ou y aller au hasard.
L'opération ne concerne que les vins des AOP (AOC) du Languedoc, sans les IGP, vins de pays.
Les AOP du Languedoc c'est 38 000 hectares sur les 220 000 ha de l'ensemble du Languedoc-Roussillon. Donc un hectare sur six.
Il y a 20 appellations dans la région et 36 crus reconnus. Sur les 12 millions d'hectolitres produit dans le vignoble du Languedoc, 1,4 million sont en AOP.
Un riesling alsacien au fruité légèrement sucré.
Rond, facile à boire et pas compliqué.
Il a très bien accompagné le homard.
Alc. 12,5%
Disponible en ligne et dans 115 succursales.
Rond, plein, peu tannique, fruité, fruits noirs et note de menthe et de chocolat.
Assez longue finale.
Un vin peu acide et donc au fruité légèrement sucré.
Style Nouveau Monde.
Syrah et merlot. Alc. 13,5 %
Disponible dans 20 succursales.
Pic St-Loup, Coteaux du Languedoc
Il y a 105 rosés actuellement sur les rayons de la SAQ, donc 46 de France.
La qualité des rosés s'améliore malgré la présence de nombreuses piquettes dans cette couleur. Plusieurs sont des blancs colorés au vin rouge. En Europe, cette pratique est toutefois interdite. On y trouve donc les meilleurs rosés, particulièrement dans le Sud de la France: Provence, Tavel et Languedoc.
Dans cette dernière région, on a su faire de beaux rosés en 2011, comme j'ai pu le constater lors d'un récent séjour dans ce coin.
On a un bel exemple ici avec ce délicieux rosé du Château Lancyre (acheté ici au Québec) .
Un rosé savoureux, rond, gras, plaisant à boire. D'une belle fraîcheur.
Syrah (50%), grenache (40%) et cinsault (10%)
Alc. 14,5% %.
Conservez la bouteille debout à cause du méchant bouchon de plastique.
Disponible en ligne et dans 314 succursales.
Deux autres très bons rosés:
Voici une liste de bons vins de moins de 15 $.
Profitez-en avant qu'ils ne soient radiés des rayons de la SAQ et remplacé par des vins plus chers et pas nécessairement meilleurs.
D'ailleurs, deux de ces vins seront retirés des rayons et remplacés par des vins plus chers.
La Natura, Zonello 2010 Bio Italie 13,45 $ Ce très bon vin bio sera radié.
Finca Flichman Malbec 2011 Argentine 8,95 $
Villa Regia Douro 2010 Portugal 10,25 $
Sainte-Croix, syrah merlot, La Bergerie 2010 10,40 $
Pasqua Sangiovese Puglia 2010 Italie 10,45 $
Meia Encosta, Dão 2009 Portugal 11,15 $
Charamba Douro 2008 Portugal 11,20 $ Ce vin sera radié et remplacé par un vin de 15 à 17,59 $
Grande réserve des Challières, Ventoux 2010 11,95 $
Fontanário de Pegoes Palmela 2009 Portugal 13,55 $
Borsao Garnacha 2010 Espagne 12,15 $
Catedral 2008 Portugal 12,95 $
La Garnotte, Corbières 2010 13,40 $
Don Pascual Réserve Tannat 2011 Uruguay 13,50
Tacama Gran Tinto 2009 Pérou 13,60 $
Domaine de Sérame Réserve, vin pays d'Oc 2009 13,95 $
Masi Modello 2010 Italie 13,95 $
Lolita 2008 Bio Italie 14,15 $
Petit Pinotage 2010 Afrique du Sud 14,30 $
Campo Viejo, Rioja, Crianza 2008 Espagne 14,95 $
En blanc
Genoli 2011 Espagne 12,70 $
Ormarine, Picpoul de Pinet 2010 12,95 $
Nyakas Budai irsai olivér 2011 Hongrie 13,90 $
Nous Québécois ne voulons plus de vin à 12 $!
Nous voulons payer plus cher pour nos vins!
Nous voulons des vins à 16 $, 18 $ et bientôt 119 $!
Québécois, Québécoises. Si je vous ai bien compris. Vous voulez payer plus cher! Eh bien, vous allez payer plus cher!
Ça vous semble ahurissant, mais c'est en gros ce qui se dégageait cette semaine de la lecture d'articles de La Presse et du Journal de Montréal.
«Les Québécois consomment de plus en plus des vins qualitatifs et de moins en moins de vins entre 9 $ et 12 $. Ils poussent de plus en plus la barre de 20 $», nous dit le Journal de Montréal, citant une porte-parole de la SAQ.
Le journal La Presse ajoute qu'en «deux ans, les ventes des bouteilles à moins de 10 $ ont chuté de 14 %.»
La lecture de ces articles m'a rappelé un incident vécu dans le Languedoc à la fin avril.

Reconnaissant notre accent québécois, un producteur nous apostrophe en se disant outré du comportement du monopole du vin du Québec qui a radié un de ses produits.
Michel Julien se dit estomaqué que la SAQ refuse de vendre maintenant son populaire L'Opéra de Villerambert-Julien (Code SAQ 00488270, 12,95 $). La SAQ lui a dit que son vin sera retiré de la liste des produits courants disponibles à la SAQ.
M. Julien en colère affirme que son vin se vend très bien au Québec, mais la SAQ lui a dit que ce n'était pas assez. Il a alors offert de faire plus de promotions, et plus d'effort pour hausser encore ses ventes; ce que la SAQ lui a refusé, selon ses dires.
Les dirigeants de la SAQ diminuent le choix des vins à bon prix pour augmenter celui des vins plus chers dans la section des vins courants. La SAQ va retirer aux cours des prochaines semaines 41 vins rouges des catégories de prix de moins de 15 $ pour les remplacer par 46 vins de 15 à 25 $.
Quel est le message qu'on lance aux vignerons? Ne proposez pas votre vin à 4,50 $, il sera refusé, car dans la catégorie des moins de 15 $. Vendez-nous le 6 $, il sera alors dans la catégorie valorisée des 15-25 $.
Ce vin de Michel Julien aurait ainsi le défaut de ne pas se vendre assez cher! Il n'est pas dans la catégorie de prix favorisée par les gens de la SAQ ces jours-ci.
Donc, on veut nous faire payer plus cher! Mais, est-ce que ce sera pour du vin de meilleure qualité?
Le journaliste Claude Langlois du Journal de Montréal s'étonne lui aussi de cette supposée volonté du Québécois à vouloir payer son vin plus cher. Il écrit «j’avoue avoir quand même tiqué un peu» à la lecture de cette affirmation de la SAQ qui dit que les Québécois «poussent de plus en plus la barre de 20 $, même en semaine.»
Oui, on paie plus cher, «mais ce n’est pas parce qu’on a le choix, c’est parce que les prix des vins à la SAQ augmentent sans cesse», dit le journaliste Claude Langlois dans le blogue vin du Journal de Montréal.
Mais pourquoi avons-nous moins de vins de 9 à 12 $ sur les rayons de la SAQ? Est-ce vraiment parce qu'on n'en veut plus? Claude Langlois écrit ceci «si on se fie à ce que certains agents promotionnels nous racontent (la SAQ) essaie de limiter plus ou moins explicitement l’introduction de produits dans cette gamme de prix.»
Le journaliste chroniqueur remarque aussi que l’écart entre la qualité et les prix est de plus en plus grand dans les arrivages du magazine Cellier et du Courrier Vinicole. «Est-on en train de nous refaire le coup des "prix départ-chai" gonflés?»
Il fait ici référence au scandale des prix gonflés artificiellement des vins d'Uruguay «Les vignerons que l’on rencontrait sur place ne comprenaient pas pourquoi des acheteurs de la SAQ leur demandaient de vendre leurs vins plus chers, alors que partout, dans le monde, les marchés leur demandaient de les baisser.» (Encore le prix des vins à la SAQ, Claude Langlois, Les Méchants Raisins, blogue vin Journal de Montréal)
Nous avons perdu 100 vins de moins de 10 $ en trois ans au Québec.
Sur les rayons de la SAQ, il y avait en mars 2009 183 vins de 10 $. Il ne sont plus que 95.
| Mars 2009 | Mai 2012 | |
|---|---|---|
| -10 $ | 183 | 95 |
| 10-15 $ | 857 | 878 |
| 15-20 | 1262 | 1567 |
| 20-30 | 1607 | 1845 |
| 30-40 | 727 | 789 |
| + 40 $ | 2324 | 2749 |
Que faire devant la voracité de la Société des Alcools du Québec?
Difficile à dire. Il faut essayer d'être vigilant, de se comporter en consommateur averti et surtout ne pas croire tout ce que le vendeur nous dit.
Un châteauneuf du pape superbe!
Un châteauneuf tout en fruit, de belles saveurs qui rappelent les framboises bien mûres.
On dirait légèrement confituré, mais que c'est bon.
Des saveurs délicieuses qui persistent très longtemps en bouche.
Grenache à 70 % et syrah.
Alc. 15 %.
Il en reste très peu, mais il en arrivera quelques autres caisses cet été.
Fruité sucré, saveurs de fruits chauffés. Laisse un goût de cassonade en bouche.
Disponible en ligne et dans 91 succursales.
Lalande-de-Pomerol
Un boisé bien intégré dans ce vin rond, charmeur, tendre et velouté
Il y a là de la belle matière.
Un très bon vin agréable et facile à boire.
Merlot à 80 %, cabernet sauvignon et cabernet franc.
14 mois en fûts neufs à 25 %.
Une production de 60 000 bouteilles sur 11 hectares.
Un produit de Jean Louis Trocard.
Alc. 13,5%.
Pour mettre en cave 3-4 ans.
Disponible en ligne et dans 151 succursales.
On s'étonne ces jours-ci dans le monde du vin au Québec de la forte popularité d'un vin rouge sucré américain qui est le vin le plus vendu au Québec avec 1,2 million de bouteilles.
Pourtant, il n'y a rien là d'exceptionnel!
Est-ce qu'on s'inquiète que les bières les plus vendues soient les bières industrielles au goût sucrée; que les restaurants les plus fréquentés soient les fast-food?
Après tout, il y a une différence entre amateur de bière et buveur de bière.
Les vins doucereux et pelucheux répondent à un besoin.
Ils ne semblent pas avoir de tanins, ni d'acidité, ni d'amertume: trois composés pourtant essentiels du vin. Malgré tout, ce sont des vins tout de même.
Ils sont très fruités, très confiturés, très sucrés. Ils répondent au besoin du goût de bébé. C'est comme le Ketchup américain, on aime ça parce que c'est bourré de sucre. C'est comme la bière américaine et canadienne dite «Dry», dans laquelle on a éliminé l'amertume pour plaire à ceux qui n'aiment pas le goût de la bière, mais veulent tout de même boire de la bière!
Comment fabrique-t-on ces vins pelucheux? On ajoute tout simplement du sucre sous forme de concentrés de raisin. C'est une sorte de pâte, de confiture de raisin qu'on mélange au vin. Puis, l'on complète avec de la gomme arabique pour arrondir le tout. (Voir recette)
Ces shiraz, merlot, zinfandel, fuzion, liano, ménages rondelets, ce sont des boissons qu'on aime boire en dehors des repas, comme les cordiaux d'autrefois. Certains les boivent aussi pendant le repas comme un coca, un chocolat au lait.
Il n'y a rien de nouveau là. J'ai commencé à boire du vin, à Noël, à l'âge de 12 ou 13 ans en goûtant le vin que mon père servait, du Emu 999, on appelait cela du «sherry australien»: un vin sucré alcooleux.
Aujourd'hui, les producteurs ont amélioré leurs recettes pour satisfaire ceux qui quittent le Pepsi pour découvrir le vin. Plusieurs d'entre eux se lasseront de ces vins douceâtres pour un jour explorer le monde du vin de qualité.
Si vous aimez ce genre de vin, mais un peu moins sucrés, essayer le Merlot Raymond 2008, le Cover Drive2008 et le Don Pascual Shiraz Tannat 2011
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Un vin californien au sommet, Journal de Montréal
Mais qu’est-ce que vous trouvez à ce vin? Blogue vin du Journal de Montréal